align="center"; margin: "5px"
Vous êtes ici : Accueil du site > Economie Sociale > Le marché du réemploi informatique s’effondre t’il ?
Publié : 9 septembre 2008

Le marché du réemploi informatique s’effondre t’il ?

Depuis quelques années, nous travaillons le réemploi informatique comme une des ressources indispensables pour les associations et particuliers favorisant l’accès aux outils citoyens. Les compétences, la pédagogie, l’accès au matériel, aux réseaux ou même à l’énergie sont des dimensions d’une répartition équitable de l’accès aux moyens pour se développer tout en ayant soin d’une durabilité et d’une bonne gestion de l’environnement. De manière différente dans le contexte des pays du Nord et de l’Afrique que nous connaissons bien, les choses changent elles très vite ? C’est ce que nous craignions rendant le réemploi tel que nous le défendons plus difficile dans l’avenir.

Au Nord, l’apparition de matériel « low cost » et très bon marché, modifie l’attitude du consommateur et, si certaines association sont sensibles aux aspects de durabilité, nos pratiques et discours devront s’adapter, notamment avec un service accru et mieux ciblé. Les industriels risquent bien aussi d’emboîter le pas à une logique d’une informatique Kleenex ou le jetable, le court terme devenant la norme de gestion. Un matériel vite remplacé et bon marché, un rêve ou un cauchemar, selon les points de vue, ou seule la dimension du démantèlement risque malheureusement de s’en trouver renforcée.

Au sud qui avait un retard important en terme d’équipement notamment dans le monde éducatif et dans le développement local, les choses changent aussi. L’apparition massive de matériel en provenance de Dubaï et de Chine, noie le marché local de PC bon marchés et clinquants dans un contexte ou les arguments du rapport qualité/prix ont peu d’impact. Sur le plan des opérateurs éducatifs qui ont traditionnellement peu de moyens, une coopération bilatérale du don de villes ou de pouvoirs locaux, amène de plus en plus massivement un matériel relativement ancien et peu opérationnel, mais qui occupant le terrain, masque le débat sur une qualité et une maintenance nécessaire plus coûteuse.

Nous ne pensons pas que les dimensions éducatives ou environnementales sortiront gagnantes de ces évolutions.

Comme opérateur de réemploi, il nous semble qu’il faut repenser les approches de manière moins primaires. Le prix n’est pas nécessairement un argument qui reste percutant. Beaucoup d’aspects limitent toujours l’accès à Internet, notamment l’accès aux coupures d’énergie qui mettent à mal bon nombre de projets en Afrique. Il est temps de repenser le réemploi dans ce domaine comme une stratégie complexe de réponses que nous pouvons articuler et sur laquelle nous avons un ensemble de solutions appropriés pertinentes tant au Nord qu’au Sud. Notre capacité à la créativité doit être active pour étoffer des partenariats centrés sur les besoins des opérateurs de terrain. De nombreux exemples existent, à titre d’exemple, tournés vers la formation et les ressources destinées aux élus locaux en Afrique ou la gestion des déchets informatiques… C’est à ce prix que le réemploi informatique et notre secteur pourront encore se développer.

Bernard Goffinet, Cf2d à Bruxelles, le 7 septembre 2008